La forêt

Au bout de mon nez, un arbre, des arbres, toute la forêt est là devant moi. Des écureuils se courent après pour s’amuser, des cerfs se demandent à quoi ils servent à part à se faire chasser, puis à finir en civet.

La mousse s’amuse à mousser et cela m’amuse.

Je grimpe au sommet d’un arbre, rien à l’horizon, sauf d’autres arbres. Je redescends de l’arbre et y croise un singe qui me fait une grimace.

Certains arbres sont malades et pleurent un peu. Je fais ce que je peux pour les réconforter. D’autres m’enlèvent une épine du pied.

Quelle paix! Des chouettes se préparent pour la nuit en se maquillant. Un hibou se fait une infusion de mélisse. Pas un bruit ou enfin peu de bruit, le bruit de la forêt.

Des sapins se balancent d’un pied sur l’autre; cela fait rire les oiseaux. Un pic-vert en perd son équilibre; heureusement il faisait du rappel.

Houx! Houx! Houx! Fait le hibou qui mangeait du gui. Un druide fait bouillir des plantes dans une grande marmite. Des champignons en ont l’eau à la bouche. Ils tirent leurs chapeaux.

Fées, gnomes, lutins ont préparés un bon souper végétarien pour la fin de l’été. Le garde-chasse est invité et les chasseurs interdits d’y participer. Même Merlin renaît pour l’occasion accompagné de Blanche-Neige et des Sept Nains.

Le Grand Méchant Loup sévit lui sur le net en tant que prédateur sexuel; il ne sera heureusement pas là. Les Trois Petits Cochons mettent la table, tout le monde a faim.

Bon appétit!

Jean-Luc Carrel, 20 août 2019

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